Filtres comportementaux : Comprendre son propre fonctionnement grâce aux méta-programmes

Filtres comportementaux : Comprendre son propre fonctionnement grâce aux méta-programmes

Dans notre entourage, on a tous quelqu’un qui va plutôt voir le verre à moitié plein et un.e autre qui va voir ce même verre, mais à moitié vide. Intéressant non ? Mais pourquoi ? Peut-être à cause des différents filtres dont chacun.e d’entre nous est constitué.e. Par ces filtres, chaque personne aura alors un comportement, une façon de penser qui lui est propre dans une situation donnée à un moment précis. Je te propose alors de découvrir, à travers cet article, différents filtres comportementaux afin de comprendre ton propre fonctionnement.

Prêt.e ? C’est parti !

Les méta-programmes

Je l’avoue, c’est un mot un peu barbare et si tu l’oublies à la fin de ta lecture, je ne t’en voudrais pas. C’est pourquoi, j’utiliserai au maximum des mots comme « filtres », « comportements » voire même « filtres comportementaux », soyons fous !

D’où vient ce concept ?

Comme beaucoup d’outils de coaching, ce concept a été créé et développé au fil des années par de nombreux psychiatres, psychologues et autres coachs. On peut nommer Carl Jung, Isabelle Briggs, Tad James, Robert Dilts, Leslie Cameron et bien d’autres.

Qu’est-ce que c’est ?

Pour faire court, les méta-programmes (ou filtres) sont des schémas répétitifs de pensée, de comportement qui déterminent le fonctionnement qui nous est propre. Chaque personne aura un ensemble de filtres qui sera plus ou moins différent des autres, ce qui la rendra unique.

Un méta-programme, c’est un peu comme une application de téléphone. Tu peux t’en servir, ou pas. Mais quand tu l’utilises, c’est dans une situation précise, à un moment précis avec un objectif précis.

Mais ATTENTION, les applications que tu as sur ton téléphone ne sont pas ton téléphone. Imagine, tu as un Iphone. Tu peux avoir 30 applications ou 0 sur ton smartphone, ça reste un Iphone. (Tu peux prendre le même exemple avec n’importe quelle marque). C’est pareil avec toi, peu importe les méta-programmes que tu utilises, ton essence reste la même.

Ce que je veux dire à travers cet exemple, c’est qu’il n’y a pas de « bon » ou « mauvais » filtre. Il n’y a seulement ceux qui te correspondent le mieux dans une situation donnée, à un moment précis.

D’ailleurs, tu vas pouvoir l’expérimenter par toi-même dans l’exercice qui va suivre. 

À quoi ça sert ?

Aujourd’hui, beaucoup de nos filtres « travaillent » de façon inconsciente. L’idée de cet article est de prendre conscience de certains d’entre eux. Mais pourquoi ? Excellente question !

Plus haut, j’ai utilisé l’exemple de l’application mobile, mais ça marche aussi avec un logiciel sur ordinateur, comme Photoshop. Imagine, demain, tu es en mesure d’utiliser Photoshop à 100%. La maitrise totale. Tu sais dans quelle situation il t’est utile et quand il n’est pas utile. Tu sais ce que tu peux faire avec et ce que tu ne peux pas faire avec. Tu connais les forces de ce logiciel mais aussi ses limites. Tu le connais tellement que tu peux même l’expliquer aux autres.

Tu vois où je veux en venir ? Connaître ses méta-programmes, c’est savoir comment l’on fonctionne dans une situation donnée, c’est apprendre à mieux se connaître.

Mais c’est aussi mieux apprendre à connaître l’autre. En ayant conscience d’un filtre, tu pourras facilement le reconnaître chez l’autre mais aussi remarquer que cette personne n’a pas le même logiciel que toi. Et que c’est tout à fait ok.

Sachant cela, tu pourras alors adapter ta communication et donc désamorcer de potentiels conflits.

En prenant conscience de ses filtres, on est aussi en mesure de se demander si mon comportement est adapté dans une situation donnée. Ainsi, on sera en mesure de l’adapter en conséquence.

Un autre avantage de (re)connaître ses filtres, c’est aussi avoir l’opportunité d’évoluer vers l’atteinte de nos objectifs personnels ou professionnels, par exemple.

ATTENTION : Encore une fois, il n’y a pas de bon ou de mauvais programme. Il n’y a que des programmes adaptés ou moins adaptés dans une situation donnée.

Découvrir ses méta-programmes

Il s’agit maintenant de s’interroger et de mettre en lumière certains de tes filtres. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à 10 d’entre eux. Il en existe bien plus mais tu es là pour lire un article et non un roman… 😉

La règle de cet exercice est très simple : Il suffit de choisir instinctivement celui qui te correspond le plus entre les deux variables.

Par exemple : Si je te dis « Tu es plutôt du genre à voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ? Tu me réponds […]

Et là, tu vas me dire « Ouais mais Quentin, ça dépend…». Je suis d’accord. Parfois on peut voir le verre à moitié plein, parfois à moitié vide.

C’est pourquoi il est intéressant de répondre instinctivement pour répondre « en général ».

Astuce : Si tu peines sur certains filtres, tu peux aussi utiliser un « curseur » de 0 à 10 pour « jauger » ta réponse.

Exemple : Je vois généralement « Verre à moitié plein » : 8/10 et « Verre à moitié vide » : 2/10.

Prêt.e ? C’est parti !

Aller vers / S’éloigner de

Allez, on commence par mon préféré : « Aller vers / s’éloigner de »

Celui-là est mon préféré car il s’inscrit dans toutes actions du quotidien, lorsque l’on se met en mouvement.

Par exemple : Lorsque je pars en voyage, est-ce que je vais plus vers quelque chose (la découverte d’un nouveau paysage, d’une culture, etc.) ou est-ce que je m’éloigne plus de quelque chose (morosité de mon travail, de mes problèmes, etc.) ?

Autre exemple : Lorsque je décide de passer 1 heure sur mon téléphone à « ne rien faire », est-ce que je vais plus vers quelque chose (De la distraction, des informations) ou est-ce que je m’éloigne de quelque chose (de l’ennui, d’une situation gênante, etc.) ?

Tu l’auras compris « Aller vers » est plutôt orienté « être en recherche de quelque chose » alors que « s’éloigner de » est plus associé à la fuite.

La prochaine décision que tu vas prendre, pose-toi la question : « Est-ce que je vais vers quelque chose ou est-ce que je m’éloigne de quelque chose … ? » Une toute petite question mais qui fait une grande différence. Je te laisse découvrir… 😉

Motivation Interne ou Externe

Ce filtre est très lié au premier, c’est pourquoi je te le présente maintenant.

Il s’agit ici de déterminer si ta motivation vient plutôt d’un élément intérieur (Une volonté profonde, tes valeurs par exemple) ou plutôt d’un élément extérieur (Un ordre donné par quelqu’un, par exemple)

Exemple : Lorsque je décide de réaliser une nouvelle recette, est-ce que je fais parce que je veux me mettre au défi de faire quelque chose de nouveau ou est-ce que c’est parce que l’on m’a demandé de faire cette recette pour un repas de famille ?

Créativité / Processus

Pour ce filtre, il s’agit de te demander si, en général, lorsque tu réalises quelque chose, tu fais plus appel à ta créativité ou tu te conformes au processus.

Si je reprends mon exemple de recette, par exemple, est-ce que je vais plutôt être créatif/ve et tenter des choses ou est-ce que je suis plutôt du genre à suivre scrupuleusement la recette à la lettre ?

Tu peux aussi te poser la question au travail : Est-ce que je suis plutôt du genre à tester et proposer de nouvelles choses, ou est-ce je suis plutôt dans le conformisme de ce qui existe déjà ?

Dans le temps / À travers le temps

Non, il ne s’agit pas ici de faire un remake de Retour Vers le Futur. Il est plutôt question de savoir si, dans ton quotidien, tu es plus dans le moment présent (dans le temps) ou si tu divagues entre le passé, le présent et le futur.

Par exemple :  Si tu as tendance à profiter de l’instant, du moment présent et qui a tendance à dire : « On verra ça plus tard », alors tu es plutôt « dans le temps »

À l’inverse, si tu as tendance à te dire « j’ai fait ça hier mais il faut que je me dépêche parce qu’il faut que je fasse ça demain », alors tu es plutôt « à travers le temps ».

Attention vers soi / vers les autres

Ce filtre est généralement utilisé dans un contexte de communication mais je pense que ‘on peut élargir la portée de ce méta-programme à d’autres contextes. L’important est de se demander si je suis plutôt à l’écoute de mes besoins ou si je suis plutôt à l’écoute des besoins des autres en priorité.

Par exemple : Lorsque tu parles à quelqu’un, es-tu plutôt du genre à être en train de réfléchir à ce que tu vas répondre à la personne (attention vers soi) ou tu vas être plutôt à l’écoute de la personne en essayant de la comprendre et en lui posant plus de questions (Attention vers l’autre) ?

Autre exemple : Lorsque tu proposes une idée (en entreprise ou dans ta vie personnelle), auras-tu tendance à réfléchir en priorité aux bénéfices qu’aura cette idée pour toi (attention vers soi) ou plutôt les bénéfices que cela apportera au groupe (attention vers les autres) ?

D’accord / Pas d’accord

Ce filtre se retrouve principalement lorsque l’on communique avec quelqu’un d’autre ou avec un groupe, et plus particulièrement, lorsque la conversation prend forme de « débat » autour d’une idée.

Certaines personnes seront généralement « D’accord » lorsqu’une idée est émise, alors que d’autres seront plutôt « Pas d’accord ».

Par exemple : Si tu es plutôt en train de dire « oui à tout », alors typiquement tu as un filtre « d’accord ». Et si en lisant ces lignes, tu te dis que j’ai raison, alors tu gagnes la médaille du « Maître D’accord » !

Par contre, si tu aimes « challenger » les autres en leur disant « Non », alors tu as plutôt le filtre « pas d’accord ».

Détails / Vue d’ensemble

Ici, il s’agit de voir comment tu analyses une situation. Certaines personnes verront alors tous les détails qui compose la situation, comme si elles voyaient les choses avec des jumelles en permanence. On dira qu’elles sont « minutieuses ». À l’inverse, d’autres personnes « prendront de la hauteur » et verront la situation dans son ensemble, sans trop prêter attention aux détails.

Par exemple : Lorsque tu te rends dans un champ de fleurs, que vois-tu en premier ? Plutôt un joli champ de fleurs qui s’étend sur les dizaines de mètres (Vue d’ensemble), ou plutôt un coquelicot rouge à côté d’un bleuet, qui est lui-même à côté d’un bouton-d’or (Détails) ?

Autre exemple : Lorsque tu écoutes de la musique, es-tu plutôt du genre à entendre une mélodie dans son ensemble (Vue d’ensemble) ou tu es plutôt du genre à entendre chaque instrument présent dans le morceau (Détails) ?

Similitudes / Différences

Tout comme le fait de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, j’ai pu observer avec mes expériences à l’international que le filtre « Similitudes / Différences » était beaucoup influencé par notre culture. Ce qui nous prouve que nos filtres ne sont pas figés et que nous avons le pouvoir de les changer !

Ce filtre va être beaucoup utilisé dans un contexte de comparaison. Une personne avec un filtre « Similitude » aura instinctivement tendance à voir ce que lie deux choses (ou personnes) entre elles.

À l’inverse, d’autres personnes verront instinctivement les différences entre ces deux choses ou ces deux personnes.

Par exemple : Lorsque tu compares ton jardin avec celui de ton/ta voisin.e, vas-tu plutôt te dire « Son gazon est plus vert que le mien » (Différences), ou vas-tu plutôt te dire « C’est drôle, on cultive les mêmes légumes ! » (Similitudes) ?

Autre exemple : Quand tu rencontres quelqu’un, as-tu plutôt tendance à te dire « Cette personne aime ça, comme moi ! » (Similitudes), ou tu auras plutôt tendance à te dire « On n’a vraiment pas les mêmes goûts musicaux ! » (Différences) 

Qualitatif / Quantitatif

Ici, il s’agit de te demander si tu as tendance à préférer la qualité ou la quantité. Sans grande surprise.

Par exemple : Préfères-tu manger de la nourriture Fast Food plusieurs fois par mois ou préfères-tu manger un plat issu d’un restaurant étoilé une fois de temps en temps ?

Autre exemple : Dans tes relations, préfères-tu être entouré.e de beaucoup de personnes ou préfères-tu avoir quelques ami.e.s avec lequel.le.s tu as une profonde relation ?

Volonté / Nécessité

Ici, il s’agit de savoir, lors d’une prise de décision, si tu la prends par volonté (« Parce que ça me fait plaisir et que j’en ai envie) ou par nécessité (« parce que je n’ai pas le choix »).

Par exemple : Lorsque tu décides de postuler dans une entreprise, as-tu tendance à le faire parce que tu aimes l’entreprise et que tu veux faire partie de son développement (Volonté) ou tu le fias parce que tu as des factures à payer (Nécessité) ?

Autre exemple : Lorsque je décide de faire un régime, est-ce que je le fais parce que j’ai la volonté de perdre X kilos ou est-ce que je le fais pour éviter tout risque de maladies cardiovasculaires ?

NOTE : Dans mes exemples, je ne donne qu’une ou deux situations. Bien sûr, l’intérêt pour toi, est de prendre un maximum de situations différentes liées à ta vie pour avoir une réponse la plus proche de la réalité possible.

Qu’en est-il de moi

Comme d’habitude depuis le début de ce défi, je réalise moi-même l’exercice que je te propose. Alors, voici mes filtres comportementaux sous forme de tableau.

 FiltresMes filtres
1Aller vers / S’éloigner deJ’ai toujours été très « Aller vers ». Mais il est vrai que lorsque l’on explore profondément, il y a toujours un peu de « s’éloigner de » dans chaque « Aller vers ».
2Motivation Interne ou ExterneJ’étais beaucoup dans la « Motivation Externe » par le passé. Mais depuis que j’ai une meilleure connaissance de moi, je suis très clairement dans la Motivation Interne, en écoutant mes valeurs notamment.
3Créativité / ProcessusMême si j’aime beaucoup le processus, j’ai une tendance à être plus dans la créativité, à faire les choses selon ma couleur. Donc, on peut dire 6/10 de Créativité et 4/10 de Processus.
4Dans le temps / À travers le tempsJ’ai le filtre « À travers le temps » car je suis souvent dans l’anticipation, en train de penser à demain, au mois prochain, etc. Toutefois, je souhaite être plus dans le moment présent, c’est pourquoi je travaille quotidiennement en ce sens.
5Attention vers soi / vers les autresSans hésitation, j’ai toujours eu ce filtre « Attention vers les autres », c’est pourquoi j’adore le coaching.
6D’accord / Pas d’accordJ’ai généralement le filtre « D’accord » mais j’aime aussi beaucoup challenger. Alors je vais dire 5,5/10 « D’accord » et 4,5/10 « Pas d’accord »
7Détails / Vue d’ensembleJ’aime beaucoup faire des « allers/retour » sur une situation, un problème, c’est pourquoi les deux sont bien présents. Même si je mets 5/10 pour les deux, mon regard se portera en premier sur une « Vue d’ensemble »
8Similitudes / DifférencesJ’ai grandi avec le filtre « Différences » qui est encore bien ancré en moi aujourd’hui. Toutefois, je me sens mieux avec le filtre « Similitudes », c’est pourquoi je travaille fort pour adopter ce filtre de façon permanente.
9Qualitatif / QuantitatifSans hésitation : « Qualitatif »
10Volonté / NécessitéEn ayant pris conscience de mes valeurs, (notamment ma valeur de Liberté), j’ai basculé du filtre « Nécessité » au filtre « Volonté ». Aujourd’hui, je suis à 8/10 de « Volonté » et 2/10 de « Nécessité ».

Comme tu viens de le voir, les méta-programmes (ou filtres comportementaux) sont omniprésents dans notre vie, de manière plus ou moins inconsciente. Ils guident nos pensées et nos actions dans une situation donnée à un moment précis. Ils sont complétement subjectifs, ce qui veut dire que chaque personne aura un propre comportement en fonction de ses propres filtres. C’est pourquoi ils font partie intégrante de la connaissance de soi. En ayant plus conscience de ces filtres, tu seras en mesure d’adapter ton comportement dans une situation donnée afin d’améliorer la relation à soi ou encore aux autres. Maintenant, en connaissant tes filtres, lesquels souhaites-tu garder ? Lesquels souhaites-tu développer ?

Si tu as aimé cet article, pense à le partager. Cela m’aidera à développer le blog et tu aideras aussi d’autres personnes à faire un pas de plus vers la connaissance de soi.

À la semaine prochaine pour un nouvel article !

Peace ⭐

Quentin

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